Mesdames, Messieurs, Bonsoir,
 
Ce soir, une intime et fort sympathique galerie « Oldřich Šimáček » (Galerie de l’Opéra d’Olomouc) invite le photographe et médecin René Granier à présenter ses travaux. Il s’agit du premier Français qui expose des photographies à cet endroit à Olomouc (République Tchèque). La France est le berceau de cette invention. Le gouvernement français a fait une donation symbolique à toute l’humanité en 1839, mettant à disposition gratuitement ce nouveau progrès technique qu’est la photographie. Depuis 172 ans, les images ont évolué ce qui est une fort courte période dans l’histoire de l’art. Elle a subit plusieurs métamorphoses : d’une part elle a gardé sa valeur documentaire, et d’autre part les photographes désirant devenir de « vrais » artistes ont tenté de transformer leurs images réalistes et de s’approcher de la peinture. Au début du vingtième siècle les tirages photographiques se sont rapprochés du dessin et de la peinture. Dans les années 1920, les photographes se sont libérés de l’emprise des tableaux et ont découvert les lignes, les formes et les détails. Ils ont cherché des prises de vue plus intéressantes, en changeant les perspectives ce qui a été novateur. L’époque de la photographie moderne était née. C’est à ce moment que la photographie tchèque est apparue grâce à un médecin tchéco-américain, le Dr Josef Drahomír Růžička, qui a soigné la minorité tchèque à New York avant de rentrer dans son pays natal, à Prague.
Ce personnage est une combinaison de deux arts, la médecine  et la photographie, qui ont inspiré René Granier. Il s’est initié à la photographie dès l’âge de neuf ans avec le procédé « argentique ». Les Français utilisent ce terme poétique pour la photographie classique. Pour l’expliquer il faut rappeler que les halogénures d’argent sont des sels photosensibles qui noircissent à la lumière après développement et créent des images. Il n’y aurait pas de photographie sans cette réaction chimique ; ils sont la base des émulsions photosensibles : pellicules négatives et papier positif. René a joint un club de jeunes photographes au lycée et plus tard il en est devenu le Président. Il a même étudié dans une école préparatoire de cinéma à 17 ans. Finalement, il a choisi les études de médecine et après plusieurs années de pratiques, il a redécouvert l’art de la photo : sa première passion.
Pour son exposition à Olomouc, il a choisi des prises de vue des métropoles mondiales ou il a photographié l’architecture, les rues. Il saisi les images d’une manière différente par rapport à un simple touriste car il découvre des formes artistiques pures, des lignes, des plans et des couleurs. Il perçoit l’ombre et la lumière sur la surface architecturale et selon sa propre expression, il cherche « l’âme de l’espace défini ».
Et maintenant j’aimerais bien m’arrêter d’expliquer les techniques photographiques, car je défends la position des grands esprits de l’art, comme K.G.Jung, ou le philosophe J. Šafařík ou d’autres qui s’accordent à dire que le message de la photographie n’est jamais dans la rhétorique. La façon dont nous parlons des photographies ou bien comment les théoriciens de l’art en parlent peut être néfaste. Hélas, notre époque nous oblige à divaguer sur des images. Mes ces maîtres, que j’ai librement cité, disent également que l’œuvre picturale nécessite tout d’abord un spectateur ouvert et sensible. C’est probablement une constatation banale, mais véridique. Je souhaite à tous les spectateurs que cette  exposition leur soit agréable et je remercie le Docteur René Granier pour les messages dissimulés dans ses images.
 
Milena Valušková au Théâtre Morave à Olomouc le vendredi 13 mai 2010.